Note utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

Essai Aprilia Shiver 750 (2010)

Aprilia Shiver 750Le temps que mon garagiste préféré prenne soin de ma 1200 sport pour une sombre histoire de fixations d'étriers grippées, j'ai eu droit à une Aprilia Shiver 750 à peine rodée. Merci au passage à Squadra moto Toulon pour ce prêt de plusieurs jours, sans aucune caution à fournir.

Autant vous dire que j'ai toujours pensé que cette moto était une sorte d'utilitaire pour jeune cadre dynamique, moto un temps soit peu insipide ou manquant de personnalité. Eh bien j'avais tord car j'ai réellement pris mon pied à son guidon !

 

Présentation

Le look général est franchement sympa, le partie du cardre treilli peinte en rouge associée aux silencieux sous la selle joliment dessinés donnent une belle personnalité à la moto. Ce petit coté fun n'est pas pour me déplaire, accentué par ce coloris gris et rouge-orangé.

Le réservoir est quant à lui assez large sur le haut, mais permet d'y loger les genoux sur la partie basse. Ca donne en tout cas une moto avec un beau gabarit, ce que je préfère aux machines trop fines. 

Aprilia Shiver 750 profil avant gauche

Aprilia Shiver 750 profil arrière gauche

Si la moto est réussie dans son ensemble, on remarquera toutefois quelques détails de finition un peu légers. Comme par exemple le carénage de la coque arrière avec des trous dont on se demande à quoi ils servent à part faire moche, ou encore le carénage noir en plastique autour du neiman qui aurait gagné à être mieux ajusté. Rassurez vous, ces points ne sautent pas non plus aux yeux, rien de rédhibitoire et on lui pardonne d'autant plus qu'elle est affichée à un tarif intéressant de 6799 euros (tarif 2012).

Selle Aprilia Shiver 750

Cache réservoir Aprilia Shiver 750

Contact

Au contact, l'ordinateur de bord s'initialise tranquillement. Il offre un compte tour à aiguille, et un écran digital qui donne de nombreuses infos (température, rapport engagé, vitesse moyen, conso instantanée et moyenne, etc, etc). Les infos affichées défilent grâce à un bouton "mode" placé sur le commodo gauche. Très pratique. En revanche il manque une jauge à essence, et ça c'est dommage.

 Compteur Aprilia Shiver 750

A noter également la possibilité de choisir entre 3 modes au niveau de la cartographie : rain, touring et sport. Bon perso je n'ai pas trouvé comment passer d'un mode à l'autre, alors on se contentera du mode touring, à priori le meilleur compromis si j'en crois les divers essais que j'ai lu.

Le premier truc qui frappe au démarrage, c'est le bruit, très présent et bien agréable. Tellement surprenant que j'ai demandé confirmation au concess si la moto était d'origine. La réponse est oui. J'ai pourtant l'habitude de la Guzz bien bruyante et caverneuse, elle aussi d'origine. Mais là c'est carrément surprenant d'avoir un tel bruit sur un moulin en V refroidit par eau en sachant que les normes sont de plus en plus strictes. Bref, ce bruit bien présent tout en restant homologué va contribuer au coté fun de la machine tout au long de l'essai, j'ai aimé.

Echappement Aprilia Shiver 750 

En route

Le comportement moteur de la Shiver me rappelle celui de mon ex RSV1000. Ici, on a un twin de 95 cv au comportement un peu sportif. J'entend par là que la puissance se trouve dans la deuxième moitié du compte tour. Je retrouve bien un twin Aprilia, pas de doute. Il repart efficacement dès 3000 tours, sans être un foudre de guerre. De 3000 à 6000 le moteur est souple et permet d'enrouler tranquilou.

Si vous voulez la puissance, il faudra aller au delà de 6000 tours, idéal pour doubler ou pour s'amuser, chose à laquelle le joli bruit donne envie de s'adonner. Le moteur pousse alors jusqu'à environ 9000, puis j'ai trouvé qu'il commençait à s'essouffler avant le rupteur que je n'ai du coup même pas tenté d'atteindre. En bref je n'ai rien trouvé d'intéressant vers les 10000 tours. A noter toutefois que la moto que j'ai essayé n'avait que 1500 km au compteur, elle gagnera donc un peu de puissance pendant encore quelques milliers de km.

Moteur Aprilia Shiver 750  

Partie cycle

La moto est facile à prendre en main, quelques kilomètres m'ont suffis à être à peu près à l'aise dans les virolos. Venant de la Guzzi, j'ai eu l'impression de me retrouver sur un mix supermotard-roadster. La moto est un peu haute, la selle dure, les jambes repliées et le torse assez droit. Ca en fait une machine très maniable et son terrain de prédilection c'est clairment les petites routes de campagne à tendance viroleuse. On se régale à donner du gaz entre deux virages et à balader la moto d'un angle à l'autre. Je ne vais pas le nier, j'ai réellement apprécié le truc et j'ai été agréablement surpris par ce coté fun que je ne m'attendais pas à avoir.

En contrepartie, c'était beaucoup moins amusant sur la voie rapide limitée à 110, ou sur les routes monotones où l'ont reste à 90-100 en attendant désespérément qu'un virage se pointe. Le protection offerte par le saute vent n'est pas très efficace, à partir de 110, on s'en prend plein la tronche. Voilà qui cible un peu l'utilisation de cette moto : une moto pour le plaisir de la balade essentiellement, d'autant plus que les aspects pratiques ne sont pas nombreux comme on va le voir après.

Concernant le freinage, rien de surprenant : ils ont du mordant mais restent progressifs, bref pas grand chose à redire.

Amortisseur Aprilia Shiver 750

Freinage Aprilia Shiver 750

Au quotidien

Oubliez la place sous la selle : il n'y en a pas. Peut être de quoi mettre un bloc disque, mais même pas sur. La faute aux silencieux d'échappement sous la selle je pense. D'autre part, le moteur chauffe beaucoup l'entrejambe sur les parties peu roulantes. Lors de cette essai, mois de juin dans le sud de la France... les quelques minutes de ville que j'ai fait m'ont fait comprendre qu'il vallait mieux rouler au delà de 50 km/h si je ne voulais prendre un coup de chaud. Les citadins seront prévenus ! S'ajoute à ça une selle dure, qui personnellement a commencé à rendre mon fessier un peu douloureux après une heure de route. Voilà qui confirme le coté "moto pour la balade" de cette machine.

Rangement Aprilia Shiver 750 

Conclusion

Je rappelle tout d'abord que je roule en Guzzi 1200 Sport, moto au gros couple, confortable, basse, et qu'il nécessite un peu de temps de prise en main avant de pouvoir l'emmener correctement. Le contraste est donc assez important avec la Shiver et il se peut que je ne soit pas super objectif sur certains points. M'enfin être objectif n'est pas le but premier de ce site, on est là pour donner son propre ressenti personnel.

Voilà donc une moto plaisante. Le moteur n'est ni gros, ni sur-puissant, mais donne de quoi se faire plaisir à des vitesses raisonnables. La partie cycle donne envie d'aller s'amuser et reste facile à prendre en main. Les aspects pratiques n'en feront en revanche pas votre alliée pour un mode boulot-dodo, à moins de prendre la route Napoléon pour aller bosser.

 Aprilia Shiver 750 vue arrière

Aprilia Shiver 750 vue arrière droit

Aprilia Shiver 750 vue de face

Aprilia Shiver 750 coté gauche

Aprilia Shiver 750 vue pilote