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Essai BMW S1000RR (2010), par Gaga


BMW S1000RR vue de gaucheSamedi après midi, il fait beau, je passe "par hasard" devant mon concessionnaire BMW... A l'arrivée, pas mal de motos sorties prêtes à partir en essai (rien que 3 R1200GS !), mais nulle part de S1000RR. Je rentre, il y en a une dans le showroom sur une estrade, je demande si ils l'ont en essai, et là ni une ni deux, la moto est sortie du showroom et un vendeur va faire le plein... toujours un aussi bon accueil !

Bon bah pendant ce temps, je remplis les papiers et prend quelques renseignements puis la moto revient (chaude), et c'est parti !

 

La bête 

Bon, vous devez commencer à la connaître . Elle est donc ici dans la livrée réplica (comme pour la plupart des modèles d'essais) qui est un coloris en option (480€).

BMW S1000RR vue de droite BMW S1000RR vue de gauche

Pas d'options techniques particulières (pas d'ABS, ni de contrôle de traction - DTC), si ce n'est le shifter que j'avais déjà pu apprécier sur le K1300S.

Esthétiquement, il faut aimer le double optique, le carénage avec des ouïes façons requin, mais je trouve que c'est assez réussi. La moto est compacte, fine, racée, bref ça respire la performance... comme toute sportive. On notera tout de même, la fourche avant assez impressionnante, les étriers Brembo (j'y reviendrai...), le pot assez discret (visuellement du moins), et le très joli et massif bras oscillant.

Niveau finition, c'est très correct, même si quelques plastiques mériteraient un meilleur ajustement. Par contre, il y a des points de détails sympas, comme ce petit feu arrière à pointes qui rend la moto anguleuse à souhait jusqu'à ces plus petits appendices.

 

Poste de pilotage

Présentation rapide par le concessionnaire :

Compteur BMW S1000RR BMW S1000RR sous la selle

Commodos clignotants classique comme c'est l'habitude sur certains modèles maintenant chez BMW, un bouton "mode" supplémentaire à droite pour la gestion de la cartographie moteur et... qui ne sert strictement à rien en France à cause du bridage, et un autre à gauche pour gérer l'affichage LCD directement depuis le guidon (pratique) !

L'instrumentation du tableau de bord est réduite à l'essentiel, un gros compte-tour et son shift light proéminent, et un LCD très lisible avec en gros la vitesse et le rapport engagé. Sur le coté on retrouve les totalisateurs kilométriques et la température moteur... mais on regrettera l'absence de la jauge à essence ! Certes sur circuit on s'en passe, mais sur la route où la plupart des S1000RR vont sûrement évoluer, c'est quand même assez pratique...

Niveau rangements, un peu de place sous la selle passager, de quoi ranger un bloque disque/petit U et quelques bricoles. A noter que la moto est livrée avec une clé à transpondeur pour limiter les vols, et le constructeur propose une alarme en option.

 

Contact

Un petit coup sur le coupe circuit/démarreur à la sauce BMW, et le moteur démarre dans un petit bruit rauque sympathique, pas très discret même avec le pot d'origine.

Une fois assis, je découvre la hauteur de selle qui est bien pour moi (1m80), mais qui sera peut-être un peu haute en dessous, et la finesse de la machine qui donne une impression de légèreté immédiate. La position est très en avant, les genoux assez pliés, le sélecteur est très poche du pied, bref position assez ramassée, mais on s'y fait très vite... (à tel point que la reprise du Sprint après me donnera l'impression de conduire un roadster ).

Je règle les rétroviseurs dans lesquels on voit étonnement bien, et amorce les manœuvres pour quitter le trottoir. Immédiatement, la légèreté de la machine se confirme, ça se manipule très facilement au point mort, et la direction légère va de butée en butée sans qu'on s'en rende compte. Le diamètre de braquage est en effet assez faible, mais ce n'est pas une surprise vu la machine.

Mon essai n'est que de 45min, donc ça sera malheureusement essentiellement du péri urbain. Partant de Boulogne, je vais quand même m'évader vers Sèvres, Meudon, la côte des gardes, et autres rares virolos du secteur.

 

Moteur

Côté moteur, si celui de la K1300 m'avait paru doux, c'est ici tout l'inverse... celui-ci est une bête à dompter, il crie sa rage ! Un peu vide en dessous de 3000t/min (peu surprenant pour un 4 cylindres), au dessus l'accélération est franche et puissante jusqu'à environ 8000t/min, où ça commence à s'essouffler (satané bridage), mais de manière assez progressive. Bon à ces régimes là, on est déjà vite à des vitesses prohibées...

Le bruit est assez violent, surprenant, ce n'est pas le bruit d'aspirateur que l'on s'attend à avoir, et au contraire, c'est criard (ça rappelle à certains régimes le R1 2007), pas très mélodieux mais certainement grisant ! On a un peu l'impression d'être sur une machine de course, et chaque montée en régimes distille quelques frissons.

Silencieux BMW S1000RR

Autant dire que le moteur n'est pas avare en sensations et invite à la débauche assez facilement, d'autant que l'accélérateur est d'une précision assez importante, et que la moindre rotation se ressent immédiatement sur la roue arrière. Je remercie d'ailleurs l'amortisseur de direction pour les quelques envolées de l'avant à la remise des gaz.

Il accepte néanmoins d'être mené plus calmement aussi, et on peut enrouler tranquillement sans avoir l'impression de le sous exploiter : en poussant l'exercice par exemple, en 6è à 60 la moto repart très bien sans aucun accoups ni secousses sur un filet de gaz, et on peut donc très bien rouler en respectant les limitations avec un tel engin pour peu que l'on garde la tête froide... (c'est dur, j'avoue ).

En revanche, à basse allure, on sent pas mal de vibrations (tiens on m'appelle ? ah non, c'est le moteur ), mais ça se sent moins une fois que l'allure augmente (on y prête moins attention aussi, peut-être). On ressent également bien la chaleur du bouilleur, qui porte bien son nom...

 

Partie cycle

Comme vu au départ, elle parait assez légère (environ 200kg tous pleins faits), et ça se confirme une fois en route. Très facile à prendre en mains, le chassis compact la rend très vive, on dirait presque un vélo... presque parce que le cadre rigide ne se laisse pas non plus emmener comme ça, et demande un peu d'engagement de la part du pilote quand l'allure augmente. La stabilité sur l'angle a l'air excellente et son agilité permet de redresser vite en sortie de courbe pour remettre gaz au plus tôt.

La protection offerte par la petite bulle est très correcte, d'autant que la position incite quand même un peu à l'attaque, donc on se penche très naturellement vers l'avant. Le train avant est précis, on est bien sur une sportive.

BMW S1000RR vue avant droit Freinage BMW S1000RR

Je vous parlais des étriers Brembo tout à l'heure ? Eh bien pour freiner, ça FREINE ! Chaque effleurement du levier suffit à décélérer très fortement, c'est d'une efficacité bluffante. Le frein arrière parait être pour sa part aux abonnés absents tant l'avant est impressionnant. Les suspensions m'ont paru au top, c'est ferme mais le guidage est toujours précis et coté fourche, même sur un gros freinage, ça s'enfonce peu. Par contre attention, si ce freinage est d'une efficacité chirurgicale, il verrouille aussi très bien le train avant, donc redressement assuré en entrée de courbe.

 

Transmission

La boite, que j'avais lu comme étant dure, m'a paru d'une douceur exemplaire : la course du sélecteur est très courte, on monte et on descend les rapports d'une pichenette, sans effort. Le montage des rapports est bien sûr aidé par le shifter qui permet de les passer à la volée et sans couper les gaz. Ca reste un peu gadget, ça demande un peu d'adaptation (naturellement on veut débrayer, voir même décélérer, ah les réflexes !) mais c'est pas désagréable à utiliser une fois le principe intégré.

Pour le reste, on a droit à une chaîne classique, probablement plus efficace en passage de puissance, que l'habituel cardan BMW.

 

Conclusion 

Au final, ce qui ressort après l'essai c'est vraiment l'aspect sensations : cette moto ne cache pas son naturel sportif, bestial : ça accélère à la moindre sollicitation, ça freine au moindre effleurement, ça virevolte avec aisance, ça crie, ça hurle, ça secoue, on est loin de l'ambiance plus pullman d'une GT, mais tout en donnant une impression d'efficacité importante... bref, grisante et... terriblement pousse au crime !

BMW S1000RR vue avant gauche

Et le tout disponible avec des options de sécurité, qui aux dires du concessionnaire faute de les avoir essayés ici, ne se sentent pas du tout sur le comportement. 
Décidément BMW sait y faire, et il y a vraiment de quoi craquer... 

Les points forts :

  • la partie cycle
  • le caractère moteur
  • la maniabilité
  • le freinage
  • la présence de l'ABS/DTC sur ce type de machine.


Les points faibles :

  • le prix de base (15900) et des options (1200 pour l'ABS/DTC!)
  • l'absence de jauge à essence
  • le bruit moteur un peu trop criard par moments (peut-être que le silencieux Akrapovic en option adoucit la bande son)
  • les aspects pratiques minimaux
  • la faible disponibilité (uniquement 500 en France pour 2010, mais il en reste )

 

Essai rédigé par Gaga