Protection à moto : à chaque environnement ses spécificités

Aujourd’hui, tout le monde ou presque a bien conscience qu’il est nécessaire de se protéger lorsque l’on roule à moto, choisir un équipement adapté est primordial. On distingue différents environnements pour rouler, et choisir un équipement tel qu’un blouson moto se doit d’être réfléchi. Entre un blouson en cuir ou textile, avec ou sans membrane imperméable et les différentes protections que l’on peut trouver, le choix est vaste, ce qui a l’avantage de pouvoir satisfaire tous les motards.

Avant de développer le sujet, je vous invite à regarder cette excellente vidéo dans laquelle un groupe de potes motards font leur propre spot sur la sécurité routière à moto, de façon amusante et réellement pertinente :


 

En ville, attention à ne pas sous-estimer les risques

Certains utilisateurs de deux roues ont tendance à laisser leur blouson de moto de coté en condition urbaine. La raison est simple : la vitesse étant très limitée, on s’imagine qu’une chute n’a que peu de chances d’être grave. Notez toutefois qu’une chute à 50 km/h reste en soit assez violente, et les pièges sont très nombreux du fait notamment du mobilier urbain et de la densité de circulation.

Les citadins choisiront donc un blouson moto parfaitement équipé au niveau sécurité, avec les protections aux coudes et aux épaules, et une vraie dorsale. Je parle ici de vraie dorsale car la plupart du temps, celle fournie d’origine avec un blouson n’est qu’un petit morceau de mousse absorbante. Il est donc idéal d’en acheter une homologuée bien plus efficace (compter entre 20 et 30 euros).

Protection à moto en ville 

En ville, blouson, chaussures montantes et gants sont un minimum

 

Les accidents en ville se faisant généralement à faible vitesse (à moins que vous ne rouliez sur un périphérique par exemple), vous serez surtout soumis à des chocs et non à une glissade en cas de chute. Les blousons équipés de renforts hauts de gamme résistants à l’abrasion et aux déchirures (Cordura 1000D par exemple) ne sont donc pas forcément obligatoires. Vous pouvez donc tout à fait choisir une veste de moto un peu tendance par exemple, avec un style de veste classique et qui cache ses protections. Idéalement d’ailleurs les protections devront être en matière souple (sorte de caoutchouc) plutôt que dures (mousse dense) afin d’en limiter la taille et de favorises un look discret et urbain.

Pour faciliter l’utilisation au quotidien, privilégiez plutôt le textile. Les blousons textiles disposent par exemple de nombreuses poches bien pensées et accessibles, ainsi que de membranes dont nous parlons dans le paragraphe d’après qui les rendent plus étanche qu’un cuir. Ces petits détails faciliteront l’accès à vos affaires (ticket de parking souterrain par exemple), mais vous aideront à arriver sec au bureau en cas de pluie. Dans le cas d’une utilisation exclusive en ville, inutile de choisir ce qui se fait de mieux au niveau de l’isolation thermique ou de la membrane étanche. Les trajets sont généralement plutôt cours et les besoins ne sont pas les même que lorsque l’on roule à 90 km/h pendant une ou deux heures. Sur ce point adaptez donc votre choix en fonction du temps passé sur votre machine et n’hésitez pas à vous faire conseiller par le vendeur, même si vous achetez en ligne.

 

La moto sur route : se protéger contre les intempéries et contre les chutes

Ensemble moto textile de type touringRouler à moto sur route (départementales de campagne, autoroutes), c’est rouler dans de nombreux environnements et à des vitesses très variées. Entre les petites routes de montagne l’été et la monotonie de l’autoroute sous la pluie, la différence se pose là ! Trouver un équipement polyvalent pour satisfaire à toutes les situations n’est pas forcément évident, mais les constructeurs offrent un choix très large aujourd’hui, avec toutes sortent de techniques qui feront plus ou moins gonfler les prix.

Beaucoup se posent la question du cuir ou du textile pour commencer. Je répondrais simplement de choisir ce qu’on préfère en ce qui concerne le look. Porter un blouson moto en cuir, c’est l’image même que la plupart des gens ont du motard. Le cuir offre d’ailleurs des styles authentiques, du vintage au néo-classique que ne peut offrir un blouson en tissu. Le textile quant à lui est bien plus technique et n’a pas ce coté brut qui donne ce charme unique. Un blouson moto textile de qualité reste néanmoins un beau blouson qui respire le sérieux, pouvant se rapprocher en quelque sorte d’un style presque germanique. Bref, tout ça c’est avant tout une histoire de goût, et c’est à mon sens la première question que vous devez vous poser sachant que vous le garderez plusieurs années : « Cuir ou textile, visuellement, lequel me plait le plus ? »

En matière de chute potentielle sur route, le motard peut être confronté à une glissade et à des chocs (un petit arbre pour arrêter la glissade par exemple). Les protections homologuées sont donc on ne peut plus de rigueur, y compris pour le dos. Si vous choisissez un blouson textile, privilégiez un blouson avec renforts en matériaux anti-déchirure et anti abrasion sur les zones exposées (coudes, épaules), idem pour le pantalon et les gants. En effet, un textile classique ne résiste pas longtemps en cas de glissade et se déchirera, voire fondra sous l’effet de la chaleur générée. Le cuir n’a pas cet inconvénient et résiste pour sa part extrêmement bien aux glissades.

Pensez également à la protection contre la pluie et le froid (voire aussi la chaleur de l’été). Les membranes imper-respirantes font partie des matériaux des blousons moto modernes. Ces membranes sont coupe-vent, imperméables et respirantes. Leur gros avantage, c’est qu’elles permettent de rester au sec en cas de pluie, mais également de laisser la transpiration s’évaporer au travers du blouson en cas de chaleur. La plus connue d’entre elles (et sans doute la meilleure), c’est le Gore-Tex, mais il y en a d’autres (moins chères) comme l’Aerotex et nombreux sont les fabricants de blousons qui utilisent leur propre technologie. Cette membrane peut être amovible ou non, et il est important de ne pas la confondre avec l’isolation thermique, la fameuse doublure amovible pour l’hiver. Vérifiez donc bien ce point lorsque vous choisissez un blouson :

  • Textile uniquement (je n’en ai jamais vu sur un cuir) : y’a-t-il une membrane imper-respirante (Gore-Tex ou autre)
  • Cuir ou textile : y’a-t-il une doublure thermique amovible ?

Toujours concernant le climat, certains blousons cuir ou textile proposent des aérations qu’il est possible d’ouvrir juste pour l’été. C’est un petit plus intéressant pour les hommes et les femmes qui souhaitent porter leur blouson tout l’année.

Une petite vidéo du fabricant Dane, ventant les mérites de ses blousons équipés d’une membrane Gore-Tex, à grand coups de karcher !

 

La protection sur circuit

Que vous alliez poser vos roues sur piste le weekend pour vous amuser un peu, ou que vous soyez un aficionado de la modo sur circuit, une seule matière s’offre à vous sur le plan de la protection, c’est le cuir. La raison est simple, c’est que comme nous l’avons dit plus haut, un cuir résiste très bien aux glissades, contrairement au textile. Et sur piste, une chute se transforme bien souvent en glissade car il n’y a pas d’objet pour vous arrêter. D’ailleurs les équipes de service qui gèrent l’accès au circuit ne vous laisseront certainement pas rentrer si vous avez un blouson textile, même si celui-ci est équipé d’un insert kevlar ultra résistant ou de renfort anti-abrasion au top du top. En effet, un commissaire de piste ne vous croira pas sur parole et n’ira pas découper votre blouson pour s’assurer que la dite membrane kevlar est bien présente. Le cuir par contre, on sait sans tergiverser ce qu’il en est.

Chute à moto sur circuit 

Un équipement textile ne résisterait pas longtemps à une glissade, contrairement au cuir (Photo sous licence CC, auteur : driver1998)

 

Par nature, les roulages sur piste se font à des vitesses assez importantes, donc en matière de sécurité à moto sur circuit, il faut prévoir un équipement en cuir épais, avec de nombreuses protections. Les classiques coudes, épaules, genoux, dos, voire hanches auront donc leurs protections homologuées intégrées, généralement fournies d’origine avec les blousons et pantalon (sauf dorsale et hanches, souvent en option). Au-delà de ça, les fabricants de vêtements moto ajoutent à leurs blousons racings divers renforts en mousse absorbante, notamment au niveau des clavicules, voire même des coques rigides en alu ou carbone qui dépassent sur les épaules et les coudes, ajoutant par la même occasion une bonne touche inspirée de la course.

Les blousons moto de piste sont donc pensés différemment d’un blouson de route, avec encore plus de protection, mais également des inserts en stretch pour favoriser les mouvements sur la moto. Les aspects pratiques sont en revanche limités, et il ne vaut mieux pas compter sur l’étanchéité.

Enfin, si vous hésitez entre une combinaison complète ou un ensemble deux pièces, cela dépendra avant tout de l’utilisation. J’ai tendance à conseiller les ensembles deux pièces pour ceux qui souhaitent aussi utiliser leur moto sur route. Ils peuvent ainsi mettre le blouson seul avec un jean pour leurs balades tranquilles. A ceux qui ne font que de la piste, autant aller sur une combinaison d’une pièce en revanche, car elle aidera à faire encore plus corps avec la machine.

 

Se protéger en tout terrain

Equipement moto en tout-terrainLe tout terrain se caractérise avant tout par des obstacles qui peuvent faire très mal en cas de chute : grosses pierres, racines, etc. Si vous avez un gros trail routier et que vous souhaitez poser vos roues sur les chemins, un équipement touring avec protections et renforts pourra convenir. Il conviendra toutefois d’ajouter en plus du blouson une dorsale indépendante. L’avantage est que ce type de dorsale intègre des matériaux ultra résistants tels que le kevlar, voire des coques rigides qui protègent la colonne vertébrale sur toute sa longueur. Faire une mauvaise chute sur une pierre est vite arrivé et peut tourner à la catastrophe. Notez que ce type de dorsale est en réalité adapté à tous les environnements, ville ou route. Le coté pratique en prend par contre un coup et c’est à vous de voir si vous souhaitez une protection au top ou quelque chose de plus facile à porter.

Si vous pratiquez la moto verte de façon plus régulière, privilégiez un équipement dédié type enduro. Ici on ne parle plus vraiment de blouson ou de pantalon, mais de protections indépendantes type genouillères ou coudières enveloppantes, articulées et souvent rigides. Pour le torse, pour pourrez favoriser les harnais qui protègeront à la fois les bras jusqu’aux épaules, mais aussi la poitrine et le dos. Ajoutez à cela une veste et un pantalon souples et légers pour pouvoir bien sentir votre machine.

Gilet de protection enduro vue de devantGilet de protection enduro vue de derrière 

Gilet de protection enduro

 

Un autre point important : les bottes. Les projections de pierres en provenance de la roue avant peuvent être violentes et ne sont pas rares. Utilisez donc des bottes qui protègent vos tibias, ou éventuellement des genouillères qui descendent très bas.

 

Le mot de la fin

L’idéal est de bien avoir conscience que la chute n’arrive pas qu’aux autres, et que même à faible vitesse ça peut faire très mal. Loin de moi l’idée de donner des leçons, mais une simple petite chute peut vous détruire la main ou la cheville si vous n’êtes pas protégé !

Un équipement adapté vous évitera bien des désagréments, et n’entachera pas votre plaisir… En décembre 2013, comme on peut le lire sur cet article de Motomag, des grands noms du domaine de la moto se sont d'ailleurs rassemblés afin de trouver des solutions pour inciter les motards à mieux s'équiper,un grand pas en avant !